lundi 16 février 2009

Sermon du dimanche 15 février 2009 - SEXAGESIME

Texte : Lc 8.4-15



4 « Une grande foule se rassembla et des gens vinrent vers lui de diverses villes. Alors il dit cette parabole :

5 "Un semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait,

une partie de la semence tomba le long du chemin ; elle fut piétinée et les oiseaux du ciel la mangèrent.

6 Une autre partie tomba sur un sol pierreux ; quand elle eut poussé, elle sécha, parce qu'elle manquait d'humidité.

7 Une autre partie tomba au milieu des ronces ; les ronces poussèrent avec elle et l'étouffèrent.

8 Une autre partie tomba dans la bonne terre ; quand elle eut poussé, elle produisit du fruit au centuple."

Après cela, Jésus dit à haute voix: "Que celui qui a des oreilles pour entendre entende."

9 Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole.

10 Il répondit :

"Il vous a été donné, à vous, de connaître les mystères du royaume de Dieu; mais pour les autres, cela est dit en paraboles, afin qu'en voyant ils ne voient pas et qu'en entendant ils ne comprennent pas.

11 Voici ce que signifie cette parabole :

la semence, c'est la parole de Dieu.

12 Ceux qui sont le long du chemin, ce sont ceux qui entendent ; puis le diable vient et enlève la parole de leur coeur, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés.

13 Ceux qui sont sur le sol pierreux, ce sont ceux qui, lorsqu'ils entendent la parole, l'acceptent avec joie ; mais ils n'ont pas de racine, ils croient pour un temps et abandonnent au moment de l'épreuve.

14 Ce qui est tombé parmi les ronces, ce sont ceux qui ont entendu la parole, mais en cours de route ils la laissent étouffer par les préoccupations, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils ne parviennent pas à maturité.

15 Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui ont entendu la parole avec un coeur honnête et bon, la retiennent et portent du fruit avec persévérance." »

Chers frères et sœurs, ensemencés par la semence divine !


« Ceux qui sont le long du chemin, ce sont ceux qui entendent [… »] « Ceux qui sont sur le sol pierreux, ce sont ceux qui […] entendent […] » « Ce qui est tombé parmi les ronces, ce sont ceux qui ont entendu la Parole […] » Tous ceux-là écoutent la Parole et … aucun n’est sauvé.

Chers amis, « écouter la Parole » de Dieu n’y change donc rien. Prêcher et écouter la prédication, c’est donc de la peine perdue. Aussi allons-nous nous éviter cet effort et rentrer tranquillement chez nous ! (faire semblant d’emballer ses affaires et de quitter la chaire … puis, bien entendu, y retourner !)

Si ce que je viens de vous dire à l’instant, je le pensais sérieusement, vous devriez douter soit de ma raison soit de ma foi. C’est pourtant ce que je dois toujours à nouveau entendre – et vous sans doute aussi : « On n’est pas sauvé par le fait d’aller à l’église ! »

Et ceux qui parlent ainsi s’attendent en plus que nous les prenions au sérieux, que nous les prenions pour des chrétiens.

Un agriculteur qui ne sème plus parce que tous les grains ne portent pas de fruit, on le prendrait pour un fou. Mais un « chrétien » qui ne va pas à l’église parce que la Parole semée ne porte pas de fruit chez tous les auditeurs, celui-là on devrait le prendre au sérieux !

Qu’est-ce que Jésus veut nous faire comprendre avec sa parabole du « semeur » ? Quel était le but qu’il visait ? Répartir les gens en différentes catégories ? Voulait-il nous apprendre à juger les gens, à les regarder de haut en les classant dans différentes cases ?

Ce serait le meilleur chemin vers la fatuité, l’orgueil, le complexe de supériorité, travers dans lesquels était tombé ce pharisien qui priait : « O Dieu, je te remercie de ce que je ne suis pas comme les autres ! » (Lc 18.11)

Eh bien non ! Avec cette parabole, Jésus ne veut pas diriger notre regard vers les autres. Au contraire, avec chacune des ces images – « chemin », « roc », « épines », « bon terrain » – il veut nous amener, chacun personnellement, à poser chaque fois la question : « Est-ce moi, Seigneur ? » (Mt 26.25 ; Mc 14.19)


« EST-CE MOI, SEIGNEUR ? »

MON CŒUR RESSEMBLE-T-IL

1. au chemin ?

2. au sol pierreux ?

3. au terrain envahi par les ronces ?

4. à la bonne terre ?

QUI SUIS-JE ?

X X X X X X X X X X X X

« EST-CE MOI, SEIGNEUR ? »

MON CŒUR RESSEMBLE-T-IL

X X X 1 X X X

au chemin ?

« Un semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait, Une partie de la semence tomba le long du chemin ; elle fut piétinée et les oiseaux du ciel la mangèrent. » (v. 5)

« Ceux qui sont le long du chemin, ce sont ceux qui entendent [la Parole de Dieu] ; puis le diable vient et enlève la parole de leur coeur, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés. » (v. 12)

L’image est parlante. Sur un « chemin », la semence ne peut pas prendre racine. Sur un « chemin », la semence disparaît rapidement, soit qu’un coup de vent la balaye, soit que des passants la piétinent ou que des voitures l’écrasent, soit encore que les oiseaux la picorent. Il est clair que le chemin n’est pas un terrain fertile.

Le « chemin », c’est l’illustration d’un cœur dur, tellement dur que la Parole de Dieu ne peut y pénétrer, tellement dur qu’il ne peut retenir « la Parole » quand « le diable » – qui a plus d’un tour dans son sac – vient l’enlever.

Le but poursuivi par Satan est négatif, néfaste même, comme l’est tout son être. Tous ses efforts visent à empêcher que nous « entendions la Parole » de Dieu de façon à pouvoir la « retenir » (v. 15). En fait, il veut empêcher que l’Evangile de Jésus-Christ ne produise la foi dans nos cœurs. Il veut ainsi empêcher que nous ayons accès au pardon, à la grâce de Dieu et au salut.

Et s’il réussi avec l’un d’entre nous, cela le remplit de joie, d’une mauvaise joie. Et il est rusé. Il va rarement nous affronter de front, à découvert : ses tentations sont subtiles, la formulation ses mises en doute également. A Eve il n’a pas dit : « Dieu ment », mais : « A-t-il vraiment dit ? » Et ses insinuations sont alléchantes : il n’a pas dit que leur désobéissance les rendrait mortels ; non, il a fait croire que s’ils désobéissent à Dieu ils seront « comme Dieu » ! (Gn 3.1-5)

Voilà comment il essaye encore aujourd’hui de nous faire douter de Dieu et de sa Parole : en travestissant habilement ses mensonges.

« Le diable est le père du mensonge », il est même passé maître dans l’art de mentir. Ici il exagère, là il amoindrit : « Le péché n’est pas aussi grave que ça. Même, à y regarder de prêt, il n’y a pas de péché ; tout est plaisir ! »

C’est ainsi qu’il veut nous détourner de Dieu et de Sa Parole et nous entraîner avec lui dans la perdition éternelle, car « le diable est meurtrier dès le commencement » (Jn 8.44)

« "Est-ce moi, Seigneur ?" Mon cœur ressemble-t-il parfois au chemin qui ne permet pas à la Parole de "prendre racine" ? »

« "Est-ce moi, Seigneur ?" Quand je ne porte pas de fruits, quand ma vie ne fait pas honneur à mon Sauveur, quand je transgresse ta volonté, est-ce parce que je n’ai pas permis à ta Parole de prendre racine et de se déployer en moi ? »

« EST-CE MOI, SEIGNEUR ? »

MON CŒUR RESSEMBLE-T-IL

X X X 2 X X X

au SOL PIERREUX ?

« Une autre partie tomba sur un sol pierreux ; quand elle eut poussé, elle sécha, parce qu'elle manquait d'humidité. » (v. 6)

« Ceux qui sont sur le sol pierreux, ce sont ceux qui, lorsqu'ils entendent la parole, l'acceptent avec joie ; mais ils n'ont pas de racine, ils croient pour un temps et abandonnent au moment de l'épreuve. » (v. 13)

« Le sol pierreux », dans la nature, est rarement entièrement à nu. Il y a toujours un peu de poussière, des interstices avec un peu de terre, de la mousse. En plus, le sol rocailleux est plus chaud que la bonne terre. La semence lève rapidement. Mais quand il fait ensuite trop chaud, les racines n’ayant pas pu plonger dans la terre, la plante se dessèche et meurt.

« Ceux qui sont sur le sol pierreux, ce sont ceux qui, lorsqu'ils entendent la parole, l'acceptent avec joie. »

Quelque chose de ce qu’ils ont entendu les a attirés, leur a plu, les a même enthousiasmés, leur a fait croire que c’était là l’essentiel de la Parole, que c’était là l’essentiel de la foi, que c’était là l’essentiel que l’Eglise avait à procurer. Ils sont tout feu et flamme.

La Parole de Dieu trouve parfois un bon écho chez certains parce qu’ils l’ont mal entendue, ou entendue que superficiellement ; ils l’on mal comprise ; ils ont compris ce qu’ils voulaient bien comprendre et, sur le coup, ils n’ont pas du tout saisi le sens réel et profond de la Parole de grâce et de vie du Christ.

Et puis, quand ça se met à chauffer dans la vie, « au moment de l’épreuve », quand ils connaissent désillusions et échecs, ce qu’ils avaient recherché et cru trouver dans la Parole ne suffit pas à les rassurer, à les réconforter, à les armer pour tenir bon dans l’épreuve, et « ils abandonnent ».

« Ils abandonnent » parce qu’« ils n’ont pas de racines », ils n’ont pas plongé leur foi profondément et fermement dans ce que Jésus-Christ est venu leur apporter : sa paix, son pardon, sa réconciliation avec Dieu, l’alliance avec un Dieu qui pardonne et qui « fait tout coopérer pour le bien des siens » (Rm 8.28).

Chers amis, à un moment ou à un autre de la vie, nous sommes tous secoués par des épreuves, nous sommes tous assaillis par des souffrances, notre foi à tous est exposée à des tentations. N’oublions jamais : on ne peut alors « résister » et tenir bon qu’« avec une foi ferme », qu’« avec une foi inébranlable » en notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ (1 P 5.9)

Mais comment peut-on tenir fermement dans la bourrasque si on n’a pas des racines solides, si on n’a pas fermement placé sa foi dans l’œuvre de salut du Christ ? C’est pour avoir négligé de régulièrement consolider leur foi en Christ avec la Parole et les sacrements que beaucoup « ont fait naufrage avec leur foi ». En fait, ils ne se sont pas « appuyés sur les prophéties », ils ont ignoré ou perdu de vue les promesses de l’Evangile (1 Tm 1.18-19). Ainsi ils se sont mis en danger et ont perdu la foi et le salut.

« "Est-ce moi, Seigneur ?" Mon cœur ressemble-t-il parfois au terrain rocailleux qui ne permet pas que ma foi en toi se consolide ? »

« "Est-ce moi, Seigneur ?" Quand je suis ballotté par le doute, quand j’ai du mal à résister à une tentation, quand j’ai du mal à te garder ma foi au milieu de l’épreuve, est-ce parce que je n’enracine pas assez ma foi dans tes promesses, parce que je ne vis pas assez dans ta Parole ? »

« EST-CE MOI, SEIGNEUR ? »

MON CŒUR RESSEMBLE-T-IL

X X X 3 X X X

au TERRAIN ENVAHI PAR

LES RONCES ?

« Une autre partie tomba au milieu des ronces ; les ronces poussèrent avec elle et l'étouffèrent. » (v. 7)

Ceux qui ont un jardin savent combien de temps il faut consacrer à son entretien pour que la mousse, les mauvaises herbes et les ronces ne prennent pas le dessus.

Dans mon enfance, tous les champs et prés étaient cultivés et entretenus. Aujourd’hui, quand on sillonne la campagne, on est frappé par le nombre de champs envahis par les ronces, car laissés à l’abandon. Il n’y a plus assez d’agriculteurs pour tout cultiver et tout entretenir. On ne s’occupe que des grands espaces, les plus rentables. Là où, autrefois, les prés étaient nickel et où les champs alignaient proprement leurs céréales, leurs pommes de terre et leurs betteraves, souvent on rencontre maintenant des orties, des broussailles, de la mousse et autres chiendent. Ils ont tout envahi

« Ce qui est tombé parmi les ronces, ce sont ceux qui ont entendu la parole, mais en cours de route ils la laissent étouffer par les préoccupations, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils ne parviennent pas à maturité. » (v. 14)

« "Est-ce moi, Seigneur ?" Les soucis ont-ils étouffé ta Parole dans mon coeur ? As-tu du mal à toucher mon cœur avec ta Parole parce que je me laisse totalement obnubiler par mes soucis : les soucis pour mes enfants, pour mon emploi, pour ma paroisse, pour la paix et la justice sociales, voire internationales ? »

« "Est-ce moi, Seigneur ?" Mon aisance matérielle a-t-elle étouffé ta Parole ? »

Nous pourrions maintenant secouer les épaules de façon incrédule : « Riche ? Moi ? »

Voyez-vous, le matérialisme et la soif de richesse ne commencent pas seulement quand on fait partie des patrons du CAC40, des 40 entreprises françaises les mieux cotées en bourse. La soif de richesses, la course après la richesse peut étouffer la Parole de Dieu davantage que ne le fait éventuellement la richesse elle-même. Tenez :

Combien de temps consacrons-nous aux efforts pour devenir plus riches et combien reste-t-il pour écouter, lire et méditer la Parole de Dieu ?

Et à peine avons-nous gravi un échelon et gagnons-nous plus, que nous planifions déjà toute notre vie pour gravir le suivant ?

D’autres sacrifient tout à un hobby, à des plaisirs qui en soi ne seraient pas un mal. Le sport, la musique, la peinture, le bricolage, le repos dominical, et j’en passe, tout cela peut être une bénédiction pour l’épanouissement de la vie personnelle et de la vie familiale. Mais cela peut aussi devenir une drogue, une addiction, une idolâtrie, quelque chose d’envahissant au point que la méditation de la Parole et la participation aux activités de la paroisse deviennent quelque chose de très épisodique.

Il ne s’agit pas ici, bien entendu, de dénigrer la volonté d’avoir de l’avancement, le fait d’avoir un plan de carrière ou de désirer augmenter ses revenus, voire la pratique d’un art ou d’un sport. Ce contre quoi Jésus nous met en garde ici, c’est contre la tentation de sacrifier sa vie spirituelle, celle de la famille aussi, à l’argent et aux loisirs, c’est de nous laisser déborder par nos activités au point de ne plus trouver le temps de méditer la Bible chaque jour.

Et quand nous avons relâché notre contact avec la Parole de Dieu, quand nous ne nous sommes plus placés régulièrement sous l’action sanctifiante du Saint-Esprit, la flamme de notre foi baisse, elle ne peut s’épanouir, « elle ne parvient pas à maturité », elle est en danger.

« EST-CE MOI, SEIGNEUR ? »

MON CŒUR RESSEMBLE-T-IL

X X X 4 X X X

a LA BONNE TERRE?

« Une autre partie tomba dans la bonne terre ; quand elle eut poussé, elle produisit du fruit au centuple. » (v. 8)

« Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui ont entendu la parole avec un coeur honnête et bon, la retiennent et portent du fruit avec persévérance. » (v. 15)

« La bonne terre », c’est l’endroit où la semence atteint son but. « Un cœur honnête et bon » qui « entend » et « retient la Parole », c’est un cœur où la Parole de Dieu a fait son effet, l’effet pour lequel elle a été annoncée. Un tel cœur « porte du fruit avec persévérance ».

« Est-ce moi, Seigneur ? » – Oui, Dieu merci ! en tout cas en général. Et ceci grâce à l’Evangile du Christ, cette « puissance de salut » (Rm 1.16) qui a réussi à féconder mon cœur comme une « bonne terre », ce cœur qui est parfois dur comme « le chemin », superficiel comme le peu de terre sur le « terrain rocailleux », encombré de toutes sortes de préoccupations qui étouffent la Parole comme « des ronces » peuvent étouffer le sol.

Oui, Seigneur, ta Parole puissante l’a fait, a rendu mon cœur fertile, y a produit « du fruit avec persévérance ».

Merci, Seigneur, pour la « persévérance » avec laquelle tu m’ensemences de ta Parole semaine après semaine, dimanche après dimanche, jour après jour. Merci pour le caractère merveilleux de ce fruit que ton Evangile fait lever en moi, un fruit qui « persévère », qui s’étend jusque dans « la vie éternelle » (Rm 6.22)

Ce « fruit digne de la repentance » dont Jean Baptiste parlait déjà (Lc 3.8), ce fruit que la Parole de grâce et de vie fait lever en nous et entretient en nous, ce sont « la foi, l’amour et l’espérance » (Rm 13) : la foi en Jésus-Christ qui nous pousse à vivre à sa suite dans l’espérance de la vie éternelle.

Seigneur, permets-moi de « porter du fruit avec persévérance ». Quand la situation devient pénible, quand quelque chose vient se mettre en travers de ma route, quand je suis confronté à de grandes difficultés, quand je ne peux faire autrement que renoncer à bien des choses que pourtant je désire, quand je me heurte à l’adversité, aide-moi à rester « persévérant » dans la foi, dans l’amour et dans l’espérance ! Que je ne jette pas le manche après la cognée, que je n’abandonne pas, que je ne devienne pas impatient, que je ne me laisse pas aller à des compromis avec ta Parole pour mieux m’en sortir… sans toi.

Aussi, Seigneur, aide-moi à méditer ta Parole en me l’appliquant à moi-même :

« EST-CE MOI, SEIGNEUR ? »

MON CŒUR RESSEMBLE-T-IL

1. au chemin ?

2. au sol pierreux ?

3. au terrain envahi par les ronces ?

4. à la bonne terre ?

Merci, Seigneur, d’avoir travaillé mon cœur pour en faire de « la bonne terre » et d’y avoir fait lever ta Parole. Rends-moi persévérant dans la foi, dans l’amour et l’espérance jusqu’à ce que tu viennes m’engranger dans ton ciel !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig


Chants proposés :

Qu’aujourd’hui toute la terre AeC 228 : 1-5

Le Seigneur soit avec nous AeC 224 : 1-7

Dans ta Parole, ô Dieu AeC 231 : 1-4

Aucun commentaire: